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la viande à la carte

11 novembre 2007

AFP – 22.10.07 | 22h37

Loin des clichés traditionnels du paysan en salopette bleue et béret, c’est un type souriant, le regard vif, costard sans cravate et décontracté qui nous accueille à l’entrée d’un des plus grands hangars de l’Isère. Jean-Paul Samuel est fier de nous ouvrir les portes de sa ferme. Pas n’importe quelle ferme, non, ici c’est du hightech il n’a pas lésiné sur les investissements, se plait-il à répéter, « la pointe de la technologie ».

Et avouons-le, on est loin des fermes de nos grands parents : des turbines, des robots, des machines, des écrans de contrôle, des trayeuses électroniques. Chez Jean Paul, c’est grand, la surface au sol est d’un hectare et demi et grâce à la technologie il n’a plus besoin que de trois employés, des ingénieurs agricoles : ils connaissent aussi bien l’informatique que les bêtes.

L’exploitation de Jean-Paul c’est la viande de boeuf et le lait de vache. De plus comme son installation est agréée par les abattoirs de France, les bêtes sont abattues ici sur place. Gain de temps et d’énergie. Même les amis des animaux qui nous lisent seront heureux puisque les longs transports si stressants pour les bêtes ne sont plus d’actualité ici. Autant dire qu’on y gagne aussi en gout, car comme tous les fermiers vous le diront, une bête heureuse c’est une viande savoureuse. Et les clients ne s’y trompent pas, d’après Jean-Paul ils seraient de plus en plus nombreux.

Il faut dire que l’entreprise est certainement la plus innovante dans son genre, et Jean-Paul n’est jamais à court d’idée. Et si nous sommes chez lui aujourd’hui, c’est qu’il aimerait nous montrer sa dernière en date, en avant-première.

« La viande à la carte » il appelle cela, surement pas le nom définitif, c’est encore à l’étude, une agence de communication « de la Capitale »bosse sur le concept markéting actuellement.

Le principe est très simple et complètement ancré dans notre époque, c’est surement en cela qu’il est génial : vous choisissez vous-même l’animal que vous allez manger et vous vous en occupez comme un vrai fermier.

Grâce à une webcam haute technologie installée dans chacun des enclos, vous voyez l’évolution chaque jour de votre bête. Celle-ci est téléguidable depuis votre micro-ordinateur pour ne rater aucun de sa vie quotidienne. Des capteurs intelligemment répartis dans l’animal et dans son environnement vous donneront toutes les informations nécessaires à l’amélioration de sa viande. Tout a été pensé pour que le client en ait pour son argent. Une mascotte animée – que nous n’avons pas pu voir, elle n’est pas encore finalisée – sera à l’écran pour accompagner et guider l’apprenti fermier dans sa tâche, pour lui donner les conseils de base. Par exemple elle sera là pour rappeler que si la génisse doit mourir jeune il va falloir qu’elle se serre la ceinture au niveau de l’herbe fraiche, sinon le fer abondant dans les paturages donnera une couleur trop rouge à sa chair et sera bien plus difficile à écouler, parce les consommateurs recherchent une viande de veau bien blanche.

Jean Paul n’a pas hésité à nous faire une démonstration de son logiciel, et ce serait mentir d’affirmer qu’il n’est pas complet. On peut prévoir par exemple à chaque instant le type de maladies que risque notre animal selon sa consommation, selon les antibiotiques administrés, selon les épidémies latentes dans le cheptel. Le poids, l’age, les malformations, la race, tout est indiqué. Mais aussi, la température, le taux d’humidité, de stress, de fatigue, de faim, de soif. Toutes ces indications et des dizaines d’autres sont accessibles via des menus très bien pensés, sans perdre en lisibilité ou en qualité de l’image, une véritable prouesse technique de l’avis des experts.

C’est un véritable outil de viande assistée par ordinateur qui sera sur le marché très prochainement, on ne peut pas dire que ce n’est pas une révolution. Car ça l’est, et tout le monde a à y gagner.

Car c’est d’abord un outil pédagogique, enfin le citadin renouera avec les travaux de la ferme, il sera davantage sensibilisé aux problèmes des campagnes, c’est également une source d’économies pour tout le monde, puisque le fermier délègue une partie du boulot au consommateur qui lui-même verra une baisse équivalente du prix répercutée sur la viande ainsi produite. Mais plus que tout cela encore, il aura un rôle de ciment social et de mixité : le patron de l’assurance du coin aura le loisir de retourner voir ses vaches le week end et les soirs après une longue journée de boulot, de parler « terroir » avec les employés de la ferme et tout cela sans se salir les mains et sans sortir de chez lui. Si ce n’est pas une révolution, cela ?

Jean-Paul a déjà prévu grand, si son projet prend - on voit mal comment il pourrait en être autrement – il embauche, selon lui une dizaine d’emplois seraient pérénisés dès les premiers mois. A raison d’un emploi pour une centaine de vaches télé-élevées. Parce qu’il faudra bien s’en occuper quand même de ses bêtes pendant que les clients sont au boulot, en vacances ou malades. Inutile de faire le jeu des associations des amis des animaux qui hurlent vite au scandale. D’ailleurs, elles ne pourront que se réjouir, tout est fait pour que les animaux soient toujours nourris à leur faim, des alarmes sont prévues pour éviter les abus, les clients sadiques, blagueurs ou trop négligents seront rapidement repérés, mis en garde et bannis en cas de récidive. « Parce que c’est d’abord un jeu, les mauvais joueurs il y en a toujours ».

Il est à noter évidemment que l’abattage des bêtes n’est pas filmé ni téléguidé par les utilisateurs. La loi française actuelle l’interdirait. Et puis il faut bien l’avouer, on préfère le voir gambader dans l’étable et jouer avec ses barreaux, le veau, qu’assister à ses derniers instants, sa viande en perdrait de sa saveur et ce serait bien dommage.

Bien évidemment cette dépêche AFP est complètement bidon, pourtant je crois que tout cela est de l’ordre du possible, voire de l’envisageable à court terme, je crois que ce serait une bonne idée de réaliser le reportage vidéo équivalent et de présenter l’article et la vidéo comme vraies à certains média, juste pour voir, juste pour jauger jusqu’à où celui qui mange de la viande peut aller dans l’horreur et dans la réification de l’animal.

Tamagochiser l’animal, voilà bien une idée révolutionnaire pour le 3e millénaire…


Vos commentaires

  • 1. Ines, 5 novembre 2014, 11:46, par Ines

    Nous avons souvent la mauvaise habitude de juger trop rapidement et à raconter des bêtises à propos de ce sujet épineux.
    Vous avez bien fait de montrer cet aspect du thème. Au revoir, bonne chance pour la suite. :-)
    Ines chemise femme bleu


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