troOn, créateur internet à Lille
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Non troOn t’es pas tout seul

6 novembre 2008

Le jeune troOn mangeait de la viande. L’enfant troOn faisait subir les pires tortures aux petits animaux. Je m’amusais, par exemple, à passer des sachets enflammés au dessus des fourmilières, pétrifiant ainsi leurs habitantes dans des allures de statue de plastique. D’autres malheureux insectes ont terminé leur existence, aplatis sous une boule de pétanque. D’autres encore ont eu leur abdomen qui a explosé après avoir été jetés sur le grill d’un barbecue.

Puis j’ai grandi, et j’ai appris à apprendre, à regarder autour de moi, et surtout à lire, la meilleure école de découverte de l’autre. Merci maman !

Mais aussi il y avait un jardin derrière la maison de ma jeunesse, progressivement j’y passais de plus en plus de temps, à regarder évoluer les insectes. Les pucerons et les fourmis sous les feuilles du groseillier. Les araignées qui étendent leur toile entre les arbustes. Les trainées brillantes des escargots et des limaces qui cherchent un partenaire. La course effrénée des scolopendres. Les entortillements des vers de terre. L’existence monastique que les fourmis mènent dans leurs galeries souterraines, sous les dalles du jardin que je soulevais très souvent, au côté des cloportes. Tous ces beaux coléoptères qui volent avec tant de maladresse, aux couleurs parfois flamboyantes et pourtant si rares. Et ces papillons aux noms poétiques que je m’empressais d’identifier dans mes livres.

Mais s’il faut parler de ma rencontre avec l’animal, il est nécessaire que je rappelle le souvenir de Bonnie, puis de Fifi sa fille. Bonnie c’est un caniche que mes parents m’ont offert pour mon premier anniversaire. Avec le recul et l’expérience qui est la mienne aujourd’hui, il est difficile de se réjouir de cette marchandisation d’un être sensible. Car il est évident qu’ils l’ont acheté, certainement dans une animalerie. Il est très probable que ses premiers jours furent un calvaire et que ses compagnons d’infortune, peut être ses frères ou ses soeurs n’ont pas connu un destin aussi heureux. Quoi qu’il en soit, dans ma cinquième année Bonnie a mis au monde plusieurs chiots, dont Fifi, celle qui aura été la meilleure amie que j’eus dans ma vie, celle auprès de qui j’ai vécu la période la plus complexe et la plus difficile dans l’histoire d’un homme, cette période qui démarre à l’enfance et s’éteint à l’âge adulte. Car Fifi a vécu 18 ans, 2 mois et 2 jours. Elle fut la meilleure compagne dont pouvait rêver un enfant solitaire et la plus précieuse confidente que pouvait espérer un être timide. Nous avons grandi ensemble, mais hélas elle a vieilli bien plus vite que moi. Elle est morte dans mes bras, elle était ma soeur, il était impensable que je laisse le vétérinaire lui injecter la dernière piqure en mon absence.

C’est l’enchevêtrement de ces diverses expériences qui m’ont appris que l’animal et l’homme n’étaient pas séparés par des frontières infrangibles comme on me l’avait appris depuis mes débuts. Ils mentaient, j’avais un début d’intuition.

Etonnemment, les premiers animaux que je protégeais du sadisme humain furent ceux là même auxquels j’avais prodigués maints sévices précédemment : les insectes, les araignées, les escargots, les petits animaux du jardin en gros. Sentiment de culpabilité inconscient ? Ce n’est pas impossible. Toujours est il que je ne laissais plus ma famille, mes amis ou mes camarades de classe écraser une mouche en ma présence, si une abeille se noyait dans un verre d’eau je lui apportais mon aide. Dans ma soif brute de connaissance, j’enfermais des escargots dans des boites en plastique, ces boites qui contenaient une douzaine de croissants et qu’on achetait en supermarché. J’y plaçais de la terre et des feuilles de laitue. J’étudiais leur vie. J’ai agi de même avec des fourmis. Je tentais même de dénicher une reine pour que ce système soit viable. Avec le temps, j’ai amélioré cet écosystème artificiel : c’est une pièce entière qui me servait à contempler cette vie sauvage. J’avais placé des pots de terre dans mon grenier, j’y faisais pousser diverses plantes, j’ai placé quelques animaux et je leur rendais visite de temps à autre, passionné par leur observation.

A l’époque je n’avais pas encore cette conscience claire qui m’aurait fait comprendre qu’il y a un monde entre l’élevage et le respect de l’autre, cette même distance qu’il y a entre l’esclavage paternaliste (y a bon banania) et la reconnaissance de l’autre pour ce qu’il est.

Ensuite il y eut les rencontres, les humains, ces petits êtres au poil ras au cerveau tordu dont on ne sait jamais à l’avance comment il tournera. Une merveilleuse amie, avec laquelle nous avons escaladé l’escalier si ardu de l’adolescence à l’âge adulte, elle était végétarienne. Déjà ! elle avait 16 ans et une avance impressionnante sur la majorité de nos semblables. Nous avons eu des échanges innombrables sur la condition animale. Je ne pouvais que la rejoindre dans ses propos de compassion, je ne l’ai jamais contredite, et pourtant je nageais encore dans ce conditionnement absurde du « j’aime trop la viande ». C’était ridicule, mais je n’avais pas encore eu le déclic, il m’a fallu dix ans pour le croiser au détour d’un chemin,. Oui ce n’est qu’à 26 ans que j’ai trouvé suffisamment de maturité en moi pour chasser la chair meurtrie des animaux de mon alimentation.

Pourtant j’avais fait mien les arguments de cette amie qui avait fait encore une fois preuve de cohérence en prenant un emploi dans la protection animale. Ses propos étaient si logiques que j’en multipliais le recours dans les conversations qui accompagnaient mes repas.

Et un jour, j’ai passé le pas. Je devais manger chez ma tante, comme chaque fois c’était une poule ou une pintade que j’avais vue gambader dans son enclos quelques semaines auparavant qui tronait au milieu de la table, morte, décapitée, les jambes en l’air et cuite. Un spectacle tout simplement obscène. Ce jour là sans réfléchir, devant mon assiette encore vide, je n’ai demandé que des pommes de terre sautées et j’ai appris à ma famille que j’étais végétarien.


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